Pour obtenir mon diplôme d’ESC, j’ai eu à passer un oral de LV2, donc de Chinois. Le texte posté ici est une traduction (approximative puisque réalisée très rapidement, et incomplète, car basée sur le plan, et non sur le dossier complet) de mon dossier.
Les effets néfastes de la crise financière actuelles sont multiples, mais, depuis la Chine, celui qui se fait le plus sentir est la baisse de la consommation, à l’étranger.
Comme les pays étrangers consomment de moins en moins, la demande internationale a tendance à diminuer elle aussi, souvent du fait de mesures protectionnistes mises en place par les gouvernements. La position de la Chine à cet égard est d’ailleurs plutôt ambigüe : Hu Jintao a récemment renforcé les politiques de protectionnisme de la Chine, alors qu’en février, Wen Jiabao avait déclaré que :
Les pays doivent coopérer en toute sincérité et éviter de poursuivre leurs seuls intérêts aux dépens de ceux des autres.
La baisse de la demande internationale entraine donc des fermetures massives d’usines, notamment dans le Sud de la Chine, historiquement plus compétitif.
Face à cet état de fait, la Chine essaie de maintenir de bonnes relations avec les pays étrangers, afin de pouvoir continuer à exporter des produits “made in China”. Un exemple de cet effort à maintenir de bonnes relations avec l’occident, la Chine continue, bien que dans une moindre mesure, à détenir des bons du trésor américains pour pallier au déficit de l’état américain.
Dans quelle mesure la crise internationale actuelle pourra aider à Chine à évoluer et, à terme, à s’en sortir ?
Passer de “la Chine des bas prix” à…
La crise peut être une opportunité pour la Chine, car les changements structurels entraînés sur le marché des producteurs industriels (règlementations plus strictes , notamment depuis le scandale du lait Sanlu ; hausse du coût de la main d’œuvre) vont de moins en moins permettre à la Chine de proposer des produits à des tarifs attractifs, surtout avec la concucrrence accrue des autres pays du BRIC (Bresil, Russie et Inde).
La solution “idéale” (à mon sens) sur le long terme serait de modifier structurellement son économie pour passer à la production de produits à haute valeur ajoutée, et ainsi laisser les produits pas chers à ses voisins.
La Chine dispose de plusieurs leviers sur lesquels elle peut jouer pour accélérer la transformation de son économie :
La faiblesse du dollar et la sous-évaluation actuelle du RenMinBi ont permis à la Chine d’amasser des stocks de devises, qui pourraient lui servir à investir massivement dans la recherche fondamentale et appliquée. Des subventions accordées par le gouvernement aux entreprises innovantes permettrait de développer un nouveau style de “Made in China” de qualité supérieure, et ce dans tous les domaines.
La grand nombre de doctorant sortant des universités (la Chine est le deuxieme pays “producteur” de doctorants apres les USA) tend à déprécier la valeur du diplôme, et ainsi à diminuer le rayonnement des universités chinoises à l’étranger. Avec la crise, de nombreux étudiants, le plus souvent provenant de familles aux revenus plus modestes, n’ont pas pu s’offrir l’inscription à l’université, et le nombre de postulants aux concours d’entrée à l’université a donc, pour la première fois depuis des années, diminué. Si cette situation peut-être malheureuse pour ces étudiants, leurs camarades plus chanceux (ou plus riches) ont eux raflé le pactole : moins de diplomés à la sortie des universités, donc moins de demandeurs d’emploi hautement qualifiés. Ils seront porteurs d’un diplôme hautement reconnu, et très demandé. Ces étudiants, d’ici quelques années, seront le principal moteur qui permettra de tirer vers le haut l’industrie chinoise.
Enfin, la Chine avoir besoin de “sponsors”, de grands noms, pour légitimer le niveau de ses scientifiques et analystes. La tournée mondiale entamée par les hauts dignitaires du parti ce mois ci a abouti a la signature, dans chacun des pays visités, d’accords de partenariats, qu’ils soient économiques, scientifiques ou culturels.
L’implantation de centres de recherche étrangers (le 3eme pour Yahoo, l’Oreal et Microsoft à Shanghai) va s’accélérer, et on va voir se multiplier les publications de haut niveau, provenant de ces centres de recherche estampillés “Nouvelle Chine”
La Chine a des ambitions pour devenir un pays créateur de technologies innovantes et dispose des ressources nécessaires au développement de projets ambitieux tel que l’envoi d’un taikonaute dans l’espace.
A ce sujet, Qi Faren, du Programme Spatial Chinois, a déclaré en 2006 :
Mener un programme spatial n’a pas pour seul objectif d’envoyer des hommes dans l’espace, mais plutôt de nous permettre, à terme, de travailler naturellement dans l’espace, et de se préparer à l’envoi de navettes habitées vers Mars et Saturne
Stimuler la demande intérieure du marché Chinois
D’après Sun Liping, professeur au département de sociologie de l’université Qinghua , dès la fin des années 80, elle est passée d’une époque des produits de première nécessité à celle d’une consommation de biens durables. La crise de surproduction date de ces années.
La crise qu’elle rencontre maintenant n’a, structurellement, rien à voir avec celle rencontrée actuellement par les pays occidentaux. Si la crise américaine est une crise financière, avec son cortège de faillites, rachats, et nationalisations, la crise chinoise n’est qu’une suite de la crise des années 90, une crise économique.
Le marché interne chinois a actuellement beaucoup de potentiel, et si les entreprises chinoises se mettent à investir massivement, le marché pourrait évoluer de la facon suivante :
Cette évolution s’appuiera sur un développement rapide de la demande interne, qui a tendance à croitre très rapidement lors de ce genre de changements , cela limitera l’impact de la transition sur le PIB, qui, rappelons le, est à 40% exportateur.
A court terme, la crise pourra en effet être perçue comme une menace, du fait des fermetures d’usines, de l’augmentation du chomage et de l’inflation grandissante. Mais le mécanisme de transformation qui s’en suivra la rendra plus compétitive sur les produits à forte valeur ajoutée, car de nouveaux concurrents émergent sur les produits à faible valeur ajoutée (Inde, Bresil, Maghreb, Asie du Sud-Est…)


Benjamin – 本杰明
Jidi – 寂地